Le premier film d’horreur, George Méliès « Le Manoir du Diable » (1896)

Georges Méliès, l’inventeur des effets spéciaux…

Dans la littérature, les descriptions graphiques de la menace et le démembrement par des monstres sont très anciennes, bien que ce ne fut qu’au 18e siècle avec le roman de Horace Walpole Le Château d’Otrante, que l’inspiration pour le roman d’amour gothique insufflant l’horreur pour l’horreur est devenue à la mode. Sans Walpole, et les plus connus des innovateurs gothiques comme Mary Shelley et Bram Stoker, nous n’aurions probablement jamais eu d’Edgar Allan Poe, HP Lovecraft, ou encore Stephen King. Mais aujourd’hui, quand nous pensons horreur, nous pensons habituellement au cinéma et à l’ensemble de ses différents sous-genres contemporains…

Mais quand le film d’horreur est-il apparu pour la première fois ?

Était-ce en 1931, une année charnière pour l’horreur où le public a vu Boris Karloff dans Frankenstein de James Whale ou Bela Lugosi dans le Dracula de Tod Browning ? Certes, des films classiques de maîtres du genre, mais ils ne sont pas les précurseurs du film d’horreur. Il y aurait aussi, bien sûr, le terrifiant sans-paroles Nosferatu Le Vampire de Friedrich Wilhelm Murnau de 1922. Et que dire de l’expressionnisme allemand ? « Un porte a été ouverte », clamait Roger Ebert en 1920, que Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene, « était le véritable premier film d’horreur » avec un « imaginaire psychologique subjectif » dans lequel « l’indicible horreur devient possible. » Peut-être. Mais avant même encore que l’œuvre cinématographique de Wiene ait perturbé le public du monde entier, il y avait d’abord Paul Wegener, dans sa version de 1915 du Golem, qui aurait été comme « l’un des ancêtres les plus importants pour la cinématique du Frankenstein de James Whale et Boris Karloff « . Encore plus tôt, en 1910, Thomas Edison a produit une adaptation de l’histoire du monstre de Mary Shelley.

Alors, jusqu’où devons-nous remonter pour trouver le premier film d’horreur ?

Presque aussi loin des origines mêmes du cinéma, et cela semble être en 1896, lorsque le génie français des effets spéciaux Georges Méliès à réalisé ce court métrage de trois minutes (ci-dessus), Le Manoir du Diable. Méliès, connu pour ses films muets de science-fiction fantastique, Le Voyage dans la Lune (voir l’hommage qui lui est versé dans Hugo de Martin Scorsese), a utilisé des méthodes novatrices pour raconter une histoire. Dans Le Manoir du Diable, une grande chauve-souris virevolte dans une pièce et se transforme en Méphistophélès, qui se tient alors près d’un chaudron et évoque une fille avec quelques fantômes et squelettes et des sorcières, mais l’un d’eux sort un crucifix et le démon disparaît. Hum, pas très élaborée comme histoire, d’accord, et ce n’est pas particulièrement effrayant non plus, mais c’est un excellent exemple de la technique de Méliès prétendument découverte cette même année.

À l’automne 1896, un événement est survenu qui depuis fait partie du folklore du cinéma, qui a changé la façon dont Méliès voyait le cinéma. Lors du tournage d’une simple scène de rue, la caméra de Méliès s’est coincée et il lui a fallu quelques secondes pour rectifier le problème. Oubliant l’incident, Méliès visionna le film et fut frappé par l’effet qu’un tel incident avait eu sur la scène. Des objets ont apparu soudainement, puis ont disparu ou ont été transformés en d’autres objets.

Ainsi est né Le Manoir du Diable, techniquement, le premier film d’horreur, et l’un des premiers films, probablement le premier à utiliser délibérément des effets spéciaux pour effrayer ses téléspectateurs. Il a été dévoilé pour la première foi, la veille de Noël 1896, au Théâtre Robert Houdin, 8 boulevard des Italiens, Paris.

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